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Extraits

Publié par Ma.L  - Catégories :  #Extraits

Quand le photographe ou l'appareil déconne...
Quand le photographe ou l'appareil déconne...

T'aurais pas du, Minouche !

Quand je repense à la tête d’André, alors que nous venions de terminer cette stupide terrasse où Minouche se prélasserait sans doute aux rayons du soleil du mois d’août, j’en ris encore. J’avais entrepris de faire cette terrasse pour faire plaisir à Madame, laquelle s’était tirée sans un mot, me laissant gosses et ciment, chats et oiseaux sur les bras… tout ça pour aller batifoler avec un jeune. Vingt ans de bons et loyaux services à acquiescer à toutes ses lubies… Merde. Mais la tête d’André, alors que nous sirotions une bière, à côte de la terrasse pas encore sèche, tandis que la chatte au ventre lourd s’étalait de tout son long sur la terrasse fraîchement finie, ça valait le coup. Si je n’avais pas été en pleine « réunion », j’aurais éclaté de rire pour de bon.

C’était fin mai début juin, j’avais déjà préparé le terrain, creusé sur dix centimètres chaque petit mètre carré de cette fantaisie, arasé, coulé le ciment. Je devais aussi, préparer un barbecue, j’étais en nage, André également. Grâce à ce travail préparatoire, ils ne nous restaient qu’à poser les belles pierres de schistes bretonnes qui m’avaient coûté un bras. Depuis 7h le matin, on calait, coupait, parce que, quitte à se faire chier à faire une terrasse, je voulais qu’elle est de la gueule, et elle en avait. Ça, Minouche allait aimer, pour peu qu’elle ait le sens de l’esthétisme… La terrasse était terminée, y avait plus qu’à laisser reposé, on était là comme deux cons avec nos bières, sur la table ronde et moche en plastique qu’avait choisi mon ex, à regarder le résultat de cette magnifique spirale, à côté, parce qu’on n’allait pas abimer notre labeur … d’autant que lui et moi, on était des intellos, pas des manuels, alors, cette terrasse, sa beauté, c’était l’exploit du siècle.

Je sirotais ma bière, me disant que je devrais aller chercher l’appareil photo, immortaliser l’instant, mais la terrasse non sèche, fallait faire le tour de la maison et j’avais une grosse flemme, je n’avais même pas encore mis à démarrer le barbecue, c’est vous dire… Tandis que mes yeux suivaient indifférents les méandres de la spirale, mon cerveau suivait le cours de ses propres circonvolutions et idées saugrenues en tout genre.

« Elle a quand même un magnifique sourire, à damner les saints non ? »

La tête d’André, j’en souris à chaque fois, rien à faire, son visage rondouillard et enfantin s’était affaissé en un point d’interrogation géant. Pourtant, il savait parfaitement de qui je parlais. C’est peut-être pour ça, aussi que ça me fait rire.

« Oui…enfin… Yoann, je croyais que tu aimais toujours ton ex, qu’on avait fait cette terrasse pour que tu la récupères ?

-Tu crois que les terrasses les font revenir ? » J’éclatais de rire...

Tous droits réservés, Ma.L, 6 mars 2016

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Chroniques littéraires sans prétention et des infos sur mon roman, les salons littéraires de ma région (et plus), mes prochains romans